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Le féminin en psychanalyse

  • Writer: Erwann Gouadon
    Erwann Gouadon
  • 14 hours ago
  • 3 min read
Conclusion Féminin Erwann Gouadon

Synthèse du 49ème colloque du RPH : "La question du féminin aujourd'hui"


Mots-clés : féminin ; position féminine ; construction ; clinique ; psychanalyse ; RPH.





Comment définir le féminin en psychanalyse ?


En psychanalyse, le féminin désigne une position subjective par rapport au manque inhérent à l’être humain, quel que soit le sexe biologique de ce dernier [1].


Pourquoi construire subjectivement une position féminine ?


La construction d'un position subjective féminine consiste en ce que l'être humain puisse reconnaître ce dont il manque. Ceci, afin de dégager la voie du désir et en même temps la possibilité de construire sa vie de façon joyeuse et apaisée. Comme l'a démontré Dr Ouarda Ferlicot lors de ce colloque, une position subjective féminine se révèle garante de plasticité psychique.


En revanche, lorsqu'il reste aligné et caché derrière son Moi aliéné, l'être s'organise pour ne pas assumer le manque et le dissimuler, se refusant ainsi à une position féminine. Le Moi qui vise la complétude et la maîtrise ne veut rien manquer. Ainsi, pour nourrir la croyance illusoire qu'il serait possible de ne pas perdre, de ne pas se séparer, de ne pas faire le deuil, de ne pas se détacher de cette toute-puissance imaginaire, le Moi s'agrippe de façon rigide et fabrique des formations imaginaires : symptômes, fantasmes, délires, hallucinations. Ces dernières entravent la dynamique permettant d'avancer dans la vie avec plaisir. En effet, la dérobade vis-à-vis de soi-même n'est pas sans conséquences et l'être paie alors avec une souffrance qui vient signaler que quelque chose cloche. Régulièrement, cette souffrance peut s'exprimer de façon revendicatrice, haineuse et enragée, : c'est ce que l'intervention de Nazyk Faugeras nous a montré.


Supporter puis porter ce manque structurel de l'être humain [2] met un terme à la souffrance et règle les symptômes alors vidés de leur fonction. À vouloir tout garder, l'être peut perdre beaucoup, tandis qu'en acceptant de perdre et de lâcher, il a beaucoup à construire. La psychanalyse et la psychothérapie psychanalytique offrent la possibilité de faire avec la perte, en reconnaissant et respectant la valeur du manque.


Si vous souhaitez entreprendre une psychothérapie ou une psychanalyse à Paris 9ème, vous pouvez sans tarder m'appeler au 06.85.19.20.74 ou prendre rendez-vous sur Doctolib.


En quoi la position clinique du psychothérapeute et du psychanalyste se doit d'être féminine ?


Afin d'accueillir l'être humain en souffrance en psychothérapie ou en psychanalyse, et écouter mais surtout entendre les dires énoncés librement, le clinicien doit supporter de ne pas tout maîtriser pour dégonfler son Moi et éviter que ce dernier ne s'impose en prenant place dans l'opération psychanalytique. Il s'agit de barrer au Moi du clinicien la possibilité qu'il satisfasse la tendance propre à tout Moi humain : celle de s'installer en occuper confortablement une position érectile de maître.


C'est pourquoi la formation continue au RPH exige que le clinicien s'engage dans sa propre psychanalyse sans qu'aucun prétexte ne l'autorise à s'en dérober tant qu'il reçoit des patients et des psychanalysants. Par ailleurs, les supervisions individuelles et groupales, et les réunions cliniques, assurent également que le Moi du clinicien soit continuellement en position d'être dérangé, chatouillé et ainsi dégonflé.



[1] Amorim (de), F. (Dir). Manuel clinique de psychanalyse, Paris, RPH Éditions, 2023, p. 258.

[2] Lacan, J. (1956-1957). Le Séminaire, Livre IV, La relation d’objet, Paris, Éditions du Seuil, 1994, p. 56.

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